Au service de la Terre Sainte

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L'Église Canadienne soutient la Terre Sainte

Le 25 mars 1974, le pape Paul VI publiait une exhortation apostolique, Nobis in Animo, dans laquelle il rappelait que les catholiques du monde entier sont appelés à s’unir à l’Église de Terre sainte par la prière et par un soutien matériel aux chrétiens qui y vivent. Il décrétait également qu’une collecte aurait lieu le Vendredi saint dans les diocèses de toute l’Église catholique, comme signe concret de solidarité ecclésiale envers nos frères et sœurs de la région appelée la Terre sainte. C’était la première collecte universelle demandée par le Saint-Siège, et l’Église canadienne y a bien sûr répondu avec générosité et enthousiasme.


© Ahmed Izhiman/CTS

Pourtant, ce n’était pas la première fois qu’un pape sollicitait, ni que les évêques autorisaient, des collectes en faveur de la Terre sainte. Dès la fin du XIXᵉ siècle, au Canada, et à la demande du franciscain père Frédéric Janssoone, les évêques du Québec avaient institué une collecte annuelle à cette intention. Au cours du siècle dernier, les fonds provenant de ces diocèses, d’autres régions de l’Église canadienne et de dons privés ont contribué à la restauration du Saint-Sépulcre, à l’agrandissement du complexe du couvent Saint-Sauveur, à la construction de la paroisse et du couvent Sainte-Catherine, attenants à la basilique de la Nativité, ainsi qu’au développement du site du Champ des Bergers.

 


© Nadim Asfour/CTS – Saint Sépulcre, l'Édicule, marquant le
tombeau de Jésus

L’église du Saint-Sépulcre commémore la Passion du Christ et rassemble, sous un même toit, les derniers moments de sa vie terrestre. Le Golgotha, lieu de la crucifixion, fait aujourd’hui partie intégrante de l’édifice; on y trouve également la Pierre de l’Onction, où, selon la tradition, le corps de Jésus fut préparé pour la mise au tombeau; au centre de l’église se dresse le tombeau, ou Édicule, d’où le Christ est ressuscité le troisième jour. L’église fut construite à l’origine par l’empereur Constantin vers l’an 336, détruite en 1009, puis reconstruite par les Croisés au XIIᵉ siècle. Elle a survécu à de nombreux tremblements de terre et incendies; d’importantes restaurations effectuées au XIXᵉ siècle lui ont donné son apparence actuelle. L’église est administrée selon un arrangement très strict, appelé le « Statu quo », par trois communautés chrétiennes principales — grecque-orthodoxe, arménienne et catholique romaine — cette dernière étant représentée par la Custodie franciscaine de Terre sainte.


© Nadim Asfour/CTS – Entrée du Saint-Sépulcre, frères menés
par le Kavass

Il existe une tradition intéressante qui remonte à 1187, lorsque Saladin a repris Jérusalem aux croisés mais a permis aux chrétiens de prier au Saint-Sépulcre. Saladin confia alors la garde et la responsabilité des clés de l’église à deux familles musulmanes, dont les descendants ont encore aujourd’hui la charge d’ouvrir les portes. Les descendants d’autres familles musulmanes, appelées les kavass, continuent d'escorter ou de protéger le clergé chrétien, y compris les franciscains, en processions pour assurer l'ordre et signaler l'arrivée des dignitaires. Ces traditions héréditaires constituent un symbole fort de coexistence religieuse et de paix à Jérusalem.


© Nadim Asfour/CTS – panorama montrant l'église et le complexe du couvent Saint-Sauveur

L’église et le complexe conventuel du Saint-Sauveur ont été établis entre 1551 et 1560, après l’invasion de Jérusalem par l’Empire ottoman et l’expulsion des franciscains de leur couvent du XIVᵉ siècle, le Cénacle, situé sur le mont Sion. Avec l’autorisation du sultan Soliman le Magnifique, les franciscains furent autorisés à acheter ce site, un ancien monastère, et y construire une église et un couvent. Pendant près de deux siècles, ce lieu était la seule paroisse catholique de Jérusalem. L’église actuelle, aujourd’hui élevée au rang de basilique, a été construite entre 1882 et 1885. Dès sa fondation, le complexe du Saint-Sauveur a servi de siège à la Custodie de la Terre sainte; il a abrité une bibliothèque, une imprimerie et une pharmacie, et est devenu le centre de la vie catholique latine. Aujourd’hui, il comprend également un séminaire, la Bibliothèque de la Terre sainte, une école de musique et le Musée Terra Sancta.


© Mauro Gottardo/CTS – le parvis et l’église
Saint Catherine, et la basilique de la Nativité

La paroisse Sainte-Catherine et le couvent franciscain de Bethléem ont été construits à la fin du XIXᵉ siècle sur les ruines d’une ancienne église, à proximité immédiate de la basilique de la Nativité, édifiée au IVᵉ siècle pour marquer le lieu de la naissance de Jésus. Sainte-Catherine est confiée à la Custodie de la Terre sainte et fonctionne comme église paroissiale au sein du Patriarcat latin de Jérusalem. Elle fait partie du vaste ensemble de la Nativité, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Tandis que la basilique abrite la grotte antique et demeure le principal lieu de pèlerinage, Sainte-Catherine, tout en étant une paroisse active, joue un rôle spirituel et liturgique complémentaire pour les pèlerins, notamment en donnant accès à la Grotte de la Nativité et aux grottes de saint Jérôme.

Le Champ des Bergers est un autre sanctuaire situé non loin de Sainte-Catherine et de la basilique de la Nativité. On y trouve plusieurs chapelles dispersées dans un environnement paisible, semblable à un parc. Le soutien de l’Église canadienne à l’aménagement de ce site remonte à près d’un siècle et, plus récemment, a permis de financer la construction d’aires de sentiers piétonniers et de stationnement, facilitant ainsi l’accès des pèlerins et des visiteurs au sanctuaire du Champ des Bergers.
 

Les contributions récentes de l’Église canadienne

Au cours des dernières années, l’Église canadienne a participé en appuyant divers projets entrepris par la Custodie de la Terre sainte afin de prendre soin des populations locales, d’accueillir les pèlerins et de protéger les Lieux saints en Palestine et en Israël. La grande majorité de ces projets sont continus et doivent être réalisés, année après année, à des degrés divers et dans différents lieux. Certains projets appuient le soin social et pastoral des communautés chrétiennes, en soutenant la vie quotidienne des femmes et des hommes qui peinent souvent à préserver leur identité chrétienne. D’autres initiatives, comme l’éducation et la formation des jeunes religieux franciscains, de même que les activités éducatives offertes aux chrétiens locaux et aux pèlerins, sont essentielles pour assurer la présence et la mission de l’Église en Terre sainte à long terme.

La rénovation et la restauration des bâtiments, des paroisses ou des centres de services, qui assurent une présence dans les lieux saints, sont également des projets nécessitant une attention régulière. Enfin, l’entretien et le développement continus des Lieux saints demeurent une responsabilité permanente, essentielle à l’accueil des pèlerins et à la transmission de la foi, ainsi qu’à l’approfondissement spirituel des chrétiens partout dans le monde.

Aide sociale aux populations locales


© Piergiorgio Pescali/CTS - Élèves de l'école Terra Sancta à Acre

Une part importante du soutien financier de l’Église canadienne a été utilisée par la Custodie franciscaine pour appuyer les chrétiens dans leur vie quotidienne, favoriser leur foi et leur éducation, les soutenir comme petite communauté unique au milieu d’autres traditions religieuses, et promouvoir leur présence durable en Terre Sainte.

Les écoles, présentes depuis 1589, continuent d’assurer la formation chrétienne et l’éducation des jeunes, leur donnant les outils nécessaires pour l’avenir et leur permettant d’assurer leur identité et leur enracinement dans cette terre, malgré leur statut de minorité et des conditions souvent difficiles. Ces écoles nécessitent un entretien constant et des mises à niveau techniques régulières. L’école d’Acre, fondée en 1620, a longtemps été un lieu marquant d’éducation et de rencontres interculturelles. Elle a connu une véritable « nouvelle vie » grâce à une rénovation complète et a été inaugurée le 1ᵉʳ septembre 2023. Des travaux de rénovation ont également été réalisés à l’école de Jaffa, où des dommages causés par l’eau avaient fragilisé certaines parties du bâtiment et de la cour intérieure.

 


© Nadim Asfour/CTS – Camp d'été de la paroisse franciscaine de Beit Hanina


© Nadim Asfour/CTS – Célébration de Noël
au centre communautaire paroissial St. James,
Beit Hanina
 

Chaque année, particulièrement à Jérusalem, la Custodie rénove et restaure d’anciens bâtiments qu’elle possède depuis des siècles afin de créer des logements destinés à des familles chrétiennes incapables de se loger sur le marché immobilier. En général, la construction de ces vieux bâtiments est médiocre : il y a des problèmes structurels dus à l'ajout fréquent d'étages sur étages; des difficultés avec l'eau et le drainage des égouts; et des problèmes avec des systèmes électriques obsolètes.  Les travaux sont fréquemment ralentis par les règlements de construction et par l’accès limité des équipements lourds.

Le centre paroissial Saint-James, à Beit Hanina, un quartier du nord de Jérusalem, a également bénéficié du soutien de l’Église canadienne. Ce centre offre des programmes et activités pour enfants, jeunes et adultes, notamment des services après l’école, des activités sportives et récréatives ainsi que des camps d’été. Le projet le plus récent vise le soutien des jeunes et comprend l’aménagement d’un terrain de football en gazon synthétique, l’installation de nouveaux buts et d’un tableau indicateur électronique, ainsi que la création d’une aire de jeu plus petite. Ces améliorations renforceront la qualité et la fonctionnalité du centre paroissial, au bénéfice des jeunes joueurs, des entraîneurs, des arbitres et des spectateurs.

Se préparer à la future présence chrétienne en Terre sainte


© Marie-Armelle Beaulieu/CTS – Géographie biblique et moderne


© Marie-Armelle Beaulieu/CTS – Dialogue interreligieux

Chaque année, une partie de la contribution canadienne est consacrée à la formation des frères franciscains appelés à répondre aux besoins pastoraux des catholiques et à la garde des Lieux saints. Cette formation comprend un long parcours : postulat, noviciat, puis études philosophiques et théologiques. Un élément essentiel de cette formation, possible uniquement sur place, consiste à comprendre l’histoire et les droits de l’Église catholique sur certains Lieux saints, ainsi que le partage convenu d’autres sanctuaires avec différentes confessions chrétiennes — ce qu’on appelle le « statu quo ». Les jeunes frères apprennent également les pratiques liturgiques propres à chaque sanctuaire. L’apprentissage de l’hébreu moderne ou de l’arabe, ainsi que la maîtrise de l’anglais, largement utilisé au Moyen-Orient, fait aussi partie intégrante de leur formation. Le soutien de l’Église canadienne permet de couvrir les frais de logement, de subsistance et d’études durant cette longue période de préparation intellectuelle et pastorale, nécessaire pour qu’il y ait des personnes capables de promouvoir la présence chrétienne dans cette région marquée par la diversité religieuse.


© Neva Gasparo/CTS - Église de la Flagellation et complexe du couvent adjacent

L’église de la Flagellation, où se situe la deuxième station du chemin de croix, fait partie d’un important complexe conventuel franciscain où les jeunes frères étudient l’Écriture et la théologie. Le Musée de la Flagellation, situé sur place, sert de centre d’instruction tant pour les étudiants que pour les pèlerins parcourant la Via Dolorosa. Les deux premiers étages du couvent servent de résidence et de salles de rencontre, tandis que le rez-de-chaussée a été réaménagé pour accueillir le musée archéologique. Le complexe a nécessité d’importants travaux de rénovation structurelle, de même que la modernisation des systèmes de plomberie et d’électricité. Un nouveau système de chauffage à thermopompes, soutenu par des panneaux solaires et un stockage d’eau adéquat, a été installé. En raison de la forte fréquentation du site et d’actes de vandalisme, de nouvelles cameras et des mesures de sécurité supplémentaires ont aussi été mises en place.

Pour assurer l’accueillir des pèlerins

Depuis le XVIᵉ siècle, le complexe conventuel du Saint-Sauveur, dans la vieille ville de Jérusalem, constitue le cœur administratif de la Custodie, tout en servant d’église paroissiale et de résidence pour les étudiants. Ces dernières années, il a bénéficié d’importants travaux de rénovation grâce au soutien canadien. La partie résidentielle a récemment été équipée d’un nouvel ascenseur, incluant la mise à niveau complète du puits et du système électrique. Le complexe a également rénové son atelier de couture et sa buanderie, qui assurent l’entretien des vêtements liturgiques des couvents et sanctuaires de Jérusalem, ainsi que de certaines maisons d’accueil pour pèlerins, dont Maria Bambina. L’augmentation du volume de travail et le vieil état de certains équipements ont rendu nécessaire le remplacement de machines et la réorganisation d’espaces afin d’améliorer l’efficacité. À proximité du Saint-Sauveur, la Custodie dispose d’un vaste espace d’entreposage de matériaux de construction réutilisables. Le nettoyage et la remise en état de ce lieu ont représenté un projet majeur, nécessitant du personnel, le tri des matériaux, l’élimination des déchets et un nettoyage complet.

Maria Bambina, située près de l’église du Saint-Sépulcre, appartient à la Custodie depuis des siècles. Autrefois orphelinat pour filles dirigé par les Sœurs de Sainte-Élisabeth, aujourd’hui elles l’administrent en tante que maison d’accueil pour pèlerins. Des travaux de rénovation et un entretien régulier permettent d’assurer que ce lieu demeure simple, accueillant et bien situé pour les pèlerins.


© Marie-Armelle Beaulieu/CTS – Complexe du mont Tabor

Le mont Thabor, lieu de la Transfiguration de Jésus, est un site de pèlerinage depuis l’époque byzantine. Aujourd’hui, il comprend une église ainsi qu’un vaste complexe destiné à l’accueil des pèlerins. Il y a quelques années, dans le cadre d’un projet général d’amélioration des installations, la Custodie de la Terre sainte a entrepris la rénovation d’un ancien couvent destiné aux sœurs carmélites (également présentes dans la paroisse franciscaine de Ramleh) qui collaboreront avec les frères de la Custodie pour l’accueil des pèlerins. Ce projet, soutenu en partie par l’Église canadienne, visait à offrir des conditions de vie adéquates et a nécessité la réorganisation d’espaces résidentielles, domestiques, et publiques. Une salle de conférence a été entièrement rénovée, incluant l’installation d’un nouveau système électrique, la pose de nouveaux revêtements de sol, des travaux de peinture et l’ajout d’un nouveau système de climatisation.

Entretien des Lieux saints

Depuis cinq ans, l’Église canadienne participe à divers travaux de restauration à Aïn Karem, lieu de la Visitation et de la naissance de saint Jean-Baptiste, ainsi qu’à l’église de Saint-Jean-au-Mont. Les principaux travaux ont débuté en 2020 par la restauration de la sacristie, comprenant des fouilles archéologiques, la stabilisation de la structure et la restauration des murs de pierre. En raison de la pandémie de Covid, ces travaux n'ont été achevés qu'en septembre 2023. Depuis, des travaux de suivi supplémentaires ont été réalisés et l'installation de nouveaux systèmes électriques et climatisés.


© Giovanni Malaspina/CTS – Célébration en plein air chez
Dominus Flevit, surplombant Jérusalem et le Dôme du Rocher
 

Le sanctuaire et l’église Dominus Flevit, construits sur les vestiges d’une église byzantine du VIIᵉ siècle, commémorent le lieu où Jésus pleura sur la destruction future de Jérusalem (Lc 19, 41-44). Le projet de réhabilitation du sanctuaire, mené par la Custodie de la Terre sainte, a été divisé en plusieurs phases. La première phase a consisté à rénover un bâtiment situé au nord de l’église, dont les deux étages ont été réaménagés afin d’offrir des accès distincts à des fonctions différentes. Des plans architecturaux et techniques détaillés ont été élaborés. Le rez-de-chaussée a été transformé en sacristie destinée à une future petite chapelle, tandis que le premier étage a été aménagé en maison d’accueil pour les prêtres.

Le sanctuaire de Magdala est l'un des sites archéologiques récents les plus importants appartenant à la Custodie de Terre Sainte et il sera bientôt ouvert aux visiteurs. Magdala était une ville portuaire prospère sur la rive ouest de la mer de Galilée à l'époque de Jésus, et on peut imaginer que les disciples, le Maître et même Marie-Madeleine arpentaient les rues de la ville. Le site est intéressant car il représente une partie de la région galiléenne que Jésus a choisie pour annoncer le Royaume de Dieu. Une petite communauté franciscaine y sera créée pour prendre soin des pèlerins bien que d’abord le site doive être amélioré et sécurisé. Actuellement, la Custodie prépare le stationnement pour les cars et voitures des pèlerins.

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